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Je suis ce beau pantin tout désarticulé !

Je t’ai abandonnée, au fond de ce trou dont l’issue est ta fermeture !

De ma féminité, l’on n’avait pas parlé – difficile à cerner

– étant homme à se battre et à se distinguer.

Ma création me fait découvrir l’univers littéraire

empli des humains qui peuplent la Terre.

Debout, guerrière !

 

J’ai aussi de risibles blessures.

J’irai dormir un jour à l’autre bout du monde

où la peur tremble sa vision morte ;

la solitude est telle que j’écoute ma foi trahir.

Je vous salue Marie – pleine de place,

le Seigneur est entre nous,

vous êtes bénie dans toute femme,

et je suis avec vous.

Votre phosphorescence a libéré l’insaisissable fou,

mais je suis tout à vous, absent de votre chair libre de ton désir…

Il s'agit de la voix elle-même enchantée féminine,

face au miroir pivot qui fait d'elle sa femme

qui ne sera plus pécheresse ou démon, mais un tiers aimé d'être sœur,

fille, amante et mère - de l'homme debout qui l'accompagne parmi les siens - demeuré son très grand amour,

ou dans l'ordre son frère, fils, amant et père.

 

Il n'y a toujours que cela : créer cette matière unique,

surtout qu'elle en empêche de prendre pour génie,

tandis que cet enthousiasme d'enfance

signait au contraire volatile

une victoire nouvelle de l'ignorance

telle à faire si souvent oublier de se nourrir des autres,

qu'elle en a conduit si naturellement à ce que,

ce qui est était et sera fait à l'avenir, donc de cet avenir,

aille à la nullité la plus grave, qui est pauvreté…

Il s’est passé quelque chose de très violent, mais j’ignore où :

ils y sont partis tous les deux... : la tension était ingérable,

j'avais eu besoin d'un père de substitution :

je venais du monde extra-plat de l’écran.

Je pense à la vie qu’elle cueille et, soit dit en passant - accueille :

un fruit cueilli pouvait bien s’avérer pourri !

je me dis qu’elle court un très grand danger, bien qu’à sa place,

j’agirais de même... en fracassant mon cœur, alors au seuil des autres.

Je ne couvre personne, et pense un peu à protéger seulement... mon Dieu, pensez pour moi, auguste blasphème !

 

C'est à son besoin qu'il oppose ton désir, en vieille maquerelle

- qui saurait s'affubler du vêtement de femme usurpée,

donnant le mâle pour précurseur de ce qu'il n'a jamais été.

Viens, Madame : je vais te montrer que l'amour est demeuré jeune,

sans être empoisonné…

Tu es donc là, sans corps - ou ton corps, c’est l’ouvrage…

Tes mots sont indicibles à force de courage, et tu les veux pourtant

faits de ta chair humaine, parce qu’ils la font... - je suis seul à t’attendre !

et mes lecteurs seront d’occasionnels passants.

Amour inconditionnel des conditions.

 

L’écriture sauve - de l’absentéisme de tout ce qu’on se refuse à dire,

parce qu’un bout dirait l’inutile, pire que cela - qui n’est déjà plus rien…

Je suis l’homme des situations barbares - qui se maquillent en tragédies.

Le niveau exigé de la conversation ?, c’est un besoin de la mer...

- il faut être un homme pour survivre ;

pas d’homme, pas de vie ; c’est un constat bénéficiaire :

il n’y a pas de défense sans partie.

C’est Internet ET la vie ce n'est pas internet OU la vie,

c'est être un homme ET une femme

- ce n'est pas être un homme OU une femme,

c'est écrire ET vivre - écrire ou lire,

et la schizophrénie est bonne pour le livre,

de même que le livre est bon pour la littérature.

 

Antigone, récitant ses propres blessures,

est le produit résulté d'échanges réels,

repris à la Toile afin d'en exclure définitivement

la correspondance idéale espérée.

Antigone est un être social - un redoutable combattant,

pour un guerrier génial.

Antigone : écrire, c’est conduire - travailler son écriture, c’est gouverner ;

passer l'éponge ne servirait de rien sur cette étendue de sang

- vidé, narcissique

- tel amour, monnayable dévalué,

recrudescence de l’émotion face à la négation du mal :

je veux sentir, et comprendre la prison du risque ;

je veux, en alerte aveugle !

Le tourment sera pour plus tard, au réveil de la bêtise additionnelle,

à l’impossible rattrapage de ses libertés de passage

- à l’inouï de ma duplicité sexuelle…

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